Writing

Dancing on a Volcano

FR –

Pour son deuxième solo show à la Galerie C, Robin Wen présente une série de dessins emblématiques de son travail, réalisés au stylo bille quatre couleurs.

Noctambule invétéré, il sonde, depuis son plus jeune âge, les nuits vibrantes des rave-parties. Il déambule, dans les antres trépidantes de ces paradis provisoires iconiques de la contre-culture, en capturant, une par une, des images qu’il redessine dans le silence monacal de son atelier. Au beat de son bic, il encre, à la perfection, les enlacements furtifs d’une jeunesse en quête de désir et de liberté. Sa série de dessins Entremêler, présentée ici dans l’exposition, cristallise par la lumière d’un flash imaginaire, les corps qui se frôlent, s’agrippent, se confondent, de cette jeunesse hédoniste qui danse au rythme de la musique techno.

Comme le formule Arnaud Idelon dans son ouvrage Boom Boom, politique du dancefloor, la fête « augmente la biodiversité des liens » , elle permet d’édulcorer le quotidien et s’affirme comme un espace-temps des luttes contemporaines. Dans un monde en perpétuelle accélération, porté par l’essor technologique et les mutations politiques qui bouleversent nos certitudes chaque jour, les rave-parties sont des îles qui subsistent, décrites par Hakim Bay comme des espaces de retrait, des « zones autonomes temporaires », d’une extrême liberté. Épiphaniques pour leurs pratiquants, elles sont des espaces de réinvention de soi, et permettent paradoxalement, une profonde régénération.

Le titre de l’exposition «Dancing on a volcano» est inspiré d’une expression française historiquement liée à l’année 1830 en France. Elle est attribuée au diplomate Narcisse-Achille de Salvandy qui, lors d’une fête donnée par le duc d’Orléans en l’honneur du roi de Naples, aurait déclaré : « Nous dansons sur un volcan » pour avertir de l’agitation sociale sourde qui allait bientôt renverser la monarchie de Charles X. Le volcan, puissance tellurique et régénératrice, incarne à la fois le danger et la vitalité. La beauté de son magma en fusion, la force brute de ses explosions pyroclastiques et la magie de ses coulées de lave sont à l’image d’une époque aussi trépidante qu’inquiétante. Danser dessus c’est célébrer la vie, mais aussi en embrasser les plaisirs comme les dangers. »

– Texte et curation de Valentine Himpens-David

Limen

FR –

Avez-vous déjà remarqué ce phénomène étonnant ? Vous vous apprêtez à quitter quelqu’un, après avoir échangé longuement avec lui. Mais c’est seulement là, sur le seuil de la porte, que se disent enfin les choses qui comptent.

«Limen» désigne le seuil, c’est un lieu de l’indicible, une zone d’une intensité extrême, d’une étrangeté dépassant le pouvoir du langage. C’est un espace instable, une phase intermédiaire, où se muent formes
et images. Au cœur de cet interstice, les œuvres d’Alexandra Leyre Mein et de Stephan Balleux dialoguent dans l’exposition Limen pour tenter
de rendre perceptible ce qui, d’ordinaire, opère à bas bruit : le glissement, l’altération, la survivance. Telle une mémoire fantomatique des images
et des gestes qui traversent le temps et réapparaissent de manière inattendue, la survivance constitue un point de convergence entre
les deux artistes.

Les sculptures, installations, vidéos et peintures d’Alexandra Leyre Mein émergent d’un processus qui excède la seule volonté formelle. Elles reflètent la complexité des comportements humains, l’étrangeté
de nos attitudes, l’ambivalence de nos états émotionnels. Leurs morpho- logies hybrides, à la fois organiques et minérales, donnent vie à des états transitoires où la matière agit comme le sismographe de dynamiques internes, capable d’enregistrer, tensions, frictions, contractions et flux invisibles. Au seuil de la figuration et de l’abstraction, les corps apparaissent fragmentés, contorsionnés, stratifiés. Ils semblent porter en eux des couches de temporalités multiples, ouvrant notre perception à une échelle autant archéologique que cosmologique.

Par une approche similaire, Stephan Balleux engage une réflexion sur l’essence de l’image en puisant dans le flux visuel de la culture occidentale. Entre cinéma, photographie et média, il déplace le prisme de lisibilité des images qu’il choisit, et met en œuvre une série de transformations qui conduisent ses peintures, ses gravures, ses vidéos, vers la subversion. Face à la saturation du champ visuel contemporain, qui tend paradoxalement à réduire l’espace de l’imaginaire, Stephan Balleux parvient encore à nous perturber et à créer des images hantées par nos fantasmes.

Conçue comme une hétérotopie, un «espace autre», cette exposition met à nu les structures invisibles qui soutiennent notre quotidien pour figer, le temps d’un regard, le flux du passage. Elle se fait le réceptacle d’un monde en perpétuelle métamorphose, où s’entremêlent
les vestiges mythologiques et médiatiques. Les artistes nous rappellent que la vérité se loge rarement dans l’évidence, et que c’est souvent ici, sur le seuil, que les choses adviennent.

EN-

Have you ever noticed this astonishing phenomenon? You are about to leave someone, after a long exchange. But it is only then, on the threshold, that the things that truly matter are finally said.

« Limen » signifies the threshold; it is a place of the ineffable, a zone of extreme intensity, a strangeness that exceeds the power of language. It is an unstable space, an intermediate phase where forms and images transmute. At the heart of this interstice, the works of Alexandra Leyre Mein and Stephan Balleux engage in a dialogue within the exhibition Limen, attempting to make perceptible what usually operates as a low hum: shifting, alteration, and survival. Like a ghostly memory of images and gestures that traverse time and reappear unexpectedly, this « survival » constitutes a point of convergence between the two artists.

Alexandra Leyre Mein’s sculptures, installations, videos and paintings emerge from a process that goes beyond mere formal will. They reflect the complexity of human behavior, the strangeness of our attitudes, and the ambivalence of our emotional states. Their hybrid morphologies—at once organic and mineral—give life to transitory states where matter acts as a seismograph of internal dynamics, capable of recording tensions, frictions, contractions, and invisible flows. At the threshold of figuration and abstraction, the bodies appear fragmented, contorted, and stratified. They seem to carry within them layers of multiple temporalities, opening our perception to a scale that is as much archaeological as it is cosmological.

Through a similar approach, Stephan Balleux engages in a reflection on the essence of the image by drawing from the visual flow of Western culture. Navigating between cinema, photography, and media, he shifts the prism of legibility of his chosen images, implementing a series of transformations that lead his paintings, engravings, and videos toward subversion. Faced with the saturation of the contemporary visual field—which paradoxically tends to reduce the space of the imaginary—Stephan Balleux still manages to unsettle us, creating images haunted by our fantasies.

Conceived as a heterotopia, an « other space », this exhibition lays bare the invisible structures that sustain our daily lives to freeze, for the duration of a glance, the flow of passage. It becomes the vessel for a world in perpetual metamorphosis, where mythological and media vestiges intertwine. The artists remind us that truth rarely dwells in the obvious, and that it is often here, on the threshold, that things may happen.

Fourth-space chapel

FR –

Depuis plus de vingt ans, Dome Wood explore les liens entre la
métaphysique, l’art et la conscience. Son travail s’inscrit dans une recherche profonde sur ce qu’il nomme le « quatrième espace », un espace invisible et spirituel, au-delà de notre réalité ordinaire, où l’esprit peut accéder à une autre réalité faite de potentialités infinies.

Cette liberté radicale, que l’artiste revendique comme une forme de
résistance existentielle, rejoint la logique quantique selon laquelle la réalité n’est jamais figée, elle est indéterminée, imprévisible et ouverte. L’art devient ainsi un seuil entre deux mondes : celui des multiples possibles (le monde quantique) et celui de leur apparition dans la réalité tangible (le monde classique).

Fondateur du 4th Space Meditation Center et Co-fondateur de
l’Agpronostic Temple, Dome Wood conçoit ses expositions comme des espaces de transformation. Entre architecture mentale et rituel collectif, ses œuvres sont des invitations à suspendre le savoir, à habiter l’incertitude, et à se laisser traverser par des expériences spirituelles et métaphysiques.

À Kunstraum, il poursuit cette approche avec une nouvelle perspective qui questionne notre rapport à la réalité, au temps et à la liberté intérieure.

–

Fourth-Space Chapel,
Installation : Plâtre, textile, bois, lumières, plexiglass et peinture à l’huile,
Dimensions extérieurs : 274 x 4260 x 366 cm Dimensions intérieures :
261.8 x 423.6 cm, 2025

En 2024, Dome Wood publie Egothávma, un essai dans lequel il
propose une nouvelle vision de l’existence, affranchie à la fois de la religion et du matérialisme. À travers des schémas et des diagrammes, il y décrit comment « l’être » émerge du vide pour se manifester dans l’univers. Au cœur de cette réflexion se trouve le concept du « Quatrième Espace », qu’il définit comme un espace invitant à repenser la manière dont nous percevons la réalité.

Fourth-Space Chapel est une micro-architecture qui incarne la
cosmologie qu’elle représente. Conçue comme un cube divisé en deux, elle abrite, tel un fossile vivant, huit alcôves marquées de lignes géométriques verticales reliant symboliquement la terre et le ciel, le monde classique et le monde quantique. L’entrée s’articule autour du « triangle sublime », figure géométrique, évoquant l’harmonie, la transcendance et l’élévation. Les nombres et systèmes géométriques ont été employés selon les proportions du nombre
d’or, aussi appelé proportion divine, conférant à l’architecture une dimension à la fois fonctionnelle et symbolique. Une approche ancrée dans la lignée des architectures humanistes de la Renaissance, qui cherchaient à exprimer l’harmonie du cosmos à travers la forme construite.

L’art, placé au centre de la chapelle, est perçu à la fois comme une
porte d’entrée vers la quatrième dimension et comme un vecteur d’élévation spirituelle. Cette peinture à l’huile, composée de myriades de particules picturales déposées par petits traits ondulatoires, d’un côté sombre, l’autre plus clair, est traversée par un « horizon vertical » qui marque le bouleversement des perspectives, et laisse imaginer un paysage intérieur. Entre grotte primitive et architecture futuriste, Fourth-Space Chapel se situe au croisement de l’espace
sacré et du laboratoire philosophique. Ses matériaux, ses œuvres organiques, son éclairage tamisé et ses lignes géométriques épurées lui confèrent une aura à la fois archaïque et visionnaire.

EN –

For more than twenty years, Dome Wood has been exploring
the links between metaphysics, art, and consciousness. His work is part
of an in-depth investigation into what he calls the “fourth-space” an
invisible and spiritual space beyond our ordinary reality, where the mind
can access another reality made up of infinite possibilities.

This radical freedom, which the artist claims as a form of
existential resistance, is in line with quantum logic, according to which
reality is never fixed, indeterminate, unpredictable, and open. Art thus
becomes a threshold between two worlds: that of multiple possibilities
(the quantum world) and that of their appearance in tangible reality (the
classical world).

Founder of the 4th Space Meditation Center and co-founder
of the Agpronostic Temple, Dome Wood conceives his exhibitions as
spaces of transformation. Between transcendental architecture and
collective ritual, his works are invitations to suspend knowledge, to
inhabit uncertainty, and to allow oneself to be carried away by spiritual
and metaphysical experiences.
At Kunstraum, he continues this approach with a new perspective
that questions our relationship to reality, time, and inner freedom.

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Fourth-Space Chapel,
Plaster, textile, wood, lights, plexiglass, and oil paint, External
dimensions: 274 x 4260 x 366 cm Internal dimensions: 261.8 x
423.6 cm, 2025

In 2024, Dome Wood published Egothávma, an essay in which he
proposes a new vision of existence, free from materialism and religion.
Through diagrams and visual schemes, he describes how “being” emerges
from the void to manifest itself within the universe. At the heart of this
reflection lies the concept of the “Fourth-Space,” which he defines as a
space inviting us to rethink the way we perceive reality.


Fourth-Space Chapel is a micro-architecture that embodies the
cosmology it represents. Conceived as a cube divided in two, it contains,
like a living fossil, eight alcoves marked by vertical geometric lines
that symbolically connect earth and sky, the classical world and the
quantum world. The entrance is structured around the “sublime triangle”
a geometric figure representing the artist’s perception of univers creation,
also evoking harmony, transcendence, and elevation. In the lineage of the
humanist architects of the Renaissance, numbers and geometric systems
have been used according to the proportions of the golden ratio, also
known as the divine proportion, giving the architecture both functional
and symbolic depth.


Art, placed at the center of the chapel, is perceived as both a
gateway to the Fourth-Space and a vector of spiritual elevation. This
oil painting, composed of myriads of pictorial particles applied through
small wave-like strokes, one side dark, the other lighter, is traversed by
a “vertical horizon” that marks the shifting of perspectives, and reveals
an imagined inner landscape.

Between primitive cave and futuristic architecture, Fourth-Space Chapel stands at the intersection of sacred space and philosophical laboratory. Its raw materials, organic works, subdued lighting, and pure geometric lines give it an aura that is both archaic and visionary.

Eldorado

FR –

Cette exposition réunit cinq artistes et explore la notion d’Eldorado dans un contexte contemporain. Elle interroge les espoirs et les défis liés à la migration, aux frontières et aux promesses d’un ailleurs meilleur.

Lucile Bertrand emploie un langage minimaliste et épuré pour exprimer la violence des conflits, la précarité des parcours migratoires et l’exploitation des ressources humaines. Ses installations et ses dessins dépeignent un monde fracturé par les inégalités, tout en laissant émerger une poésie silencieuse.

Céline Cuvelier questionne la fabrication des « Eldorados » contemporains à travers les économies mondialisées et les structures sociales. S’immergeant dans des environnements marginalisés (prisons, camps de migrants, institutions psychiatriques), elle expose les tensions entre le rêve et la réalité, le désir d’ailleurs et la brutalité du présent.

Diego Herman explore les frontières physiques et symboliques qui façonnent nos espaces de vie. À travers ses peintures de paysages urbains marqués par des clôtures, des barrières et des zones d’exclusion, il remet en question les rapports de pouvoir qui régissent la libre circulation des corps et des identités.

Charlotte Quinonero travaille autour des thèmes du rêve et de la mémoire, saisissant ces moments suspendus où le passé et l’imaginaire s’entremêlent. Dans ses œuvres, l’Eldorado devient un espace intime, une quête intérieure où la mémoire redessine les contours du possible.

Barthélémy Toguo, entre vision onirique et engagement politique, met en lumière les contradictions de la mobilité. Les marchandises circulent librement, mais qu’en est-il des personnes ? Ses sculptures monumentales de tampons, ses installations et ses dessins dénoncent les obstacles bureaucratiques et les paradoxes de la mondialisation, rendant visible l’invisible et révélant les tensions entre espoir et oppression.

Ensemble, ces artistes esquissent une cartographie subjective de l’Eldorado moderne, entre quête et désillusion, exil et appartenance, promesse et défi. La terre promise sera-t-elle celle que nous avons longtemps imaginée ?

EN –

This exhibition gathers five artists and explores the notion of Eldorado in a contemporary context, examining the hopes and challenges tied to migration, borders, and the promises of a better elsewhere.

Lucile Bertrand employs a minimalist and refined language to express the violence of conflicts, the precariousness of migratory journeys, and the exploitation of natural and human resources. Her installations and drawings depict a fractured world of inequalities, while allowing a fragile, silent poetry to emerge.

Céline Cuvelier questions the fabrication of contemporary Eldorados through globalized economies and social structures. Immersing herself in marginalized environments—prisons, migrant camps, psychiatric institutions—she exposes the tensions between dream and reality, the longing for elsewhere, and the brutality of the present.

Diego Herman explores the physical and symbolic boundaries that shape our living spaces. Through his paintings of urban landscapes marked by fences, barriers, and exclusion zones, he challenges the power dynamics governing the free movement of bodies and identities.

Charlotte Quinonero works with themes of dreams and memory, capturing those suspended moments where the past and the imaginary intertwine. In her works, Eldorado becomes an intimate space, an inner quest where memory redraws the contours of possibility.

Barthélémy Toguo, between dreamlike vision and political engagement, sheds light on the contradictions of mobility. Goods circulate freely, but what about people? His monumental stamp sculptures, installations, and drawings denounce bureaucratic obstacles and the paradoxes of globalization, making the invisible visible and revealing the tensions between hope and oppression.

Together, these artists sketch a subjective map of the modern Eldorado, between pursuit and disillusionment, exile and belonging, promise and defiance. Will the promised land be the one we have long imagined?

Red Planet Experience

FR-

“Exploration fictive d’une planète Mars déjà colonisée, l’exposition est imaginée comme une métaphore des dynamiques sociales, économiques et technologiques contemporaines. Elle fonctionne comme un territoire mental projeté à travers lequel, le visiteur est invité à questionner l’évolution de nos villes, de nos espaces collectifs et de nos relations au sein de sociétés de plus en plus régies par la performance, l’optimisation et l’innovation permanente.

Comment les imaginaires contemporains du futur sont-ils façonnés par les logiques de contrôle, de privatisation et d’exclusion ? Dans ce contexte, la colonisation de Mars présentée par Xavier Duffaut, reflète nos modèles familiers de développement urbain contemporains, où Uber, Tesla, Bolt et Deliveroo y sont omniprésents. Tout comme dans nos villes, l’espace public sur Mars y est progressivement redéfini, réglementé et approprié par les pouvoirs économiques et technologiques actuels.

Telles les dystopies d’Alain Damasio, l’artiste Xavier Duffaut présente une série de dessins hyperréalistes, minutieusement réalisés à l’aquarelle dans une scénographie immersive orangée et rocailleuse parsemée de bouteilles de gaz hilarant vides et abandonnées… Ses dessins cristallisent avec ironie l’absurdité de corps en quête de contact physique, réduits à l’individualité par leurs vêtements d’astronautes. Il dépeignent des scènes de dragues de cruising opérées par des robots Tesla et ne font que dévoiler au grand jour l’idéologie romantique de l’artiste.

Au sein de villes normalisées dites “ intelligentes” la question de la place du désir devient centrale. Xavier Duffaut utilise la fiction et l’ambivalence pour rendre visibles les mécanismes qui structurent déjà notre présent : des espaces scénarisés et contrôlés ou la place de l’homme s’éteint progressivement. Il invite les visiteurs à réfléchir aux récits qui façonnent notre imagination collective du futur et à se demander quels désirs, quels corps et quelles libertés sont inclus, ou parfois exclus, de ces projections.”

Texte et curation : Valentine Himpens-David

Racines

FR –

Historiquement partie intégrante de la forêt de Soignes, La Cambre,
ancienne abbaye cistercienne du XIIIe siècle, entretient depuis tou-
jours une relation étroite avec la nature et l’écosystème bruxellois. Si elle semble encore être un poumon de la capitale, elle est en partie
depuis 1927, une école d’art qui accueille et qui forme de futurs
artistes.

L’ENSAV La Cambre se veut être pour les artistes, un lieu de déploie-
ment, une source d’oxygène et d’inspirations. Elle tend au dévelop-
pement des techniques, des rencontres, et représente le lieu dans lequel les rhizomes de l’artiste se définissent.

Sculptures, peintures, dessins, sérigraphies, tapisseries et photogra-
phies d’une vingtaine d’artistes diplômés entre 1963 et aujourd’hui, invitent à un cheminement dans l’espace d’exposition. La mer, la terre,
les paysages mais aussi les racines familiales et culturelles cohabitent
au sein de cet accrochage dont la lumière et les matériaux occupent
une place essentielle.
Cette exposition, première d’un cycle en vue du centenaire de La
Cambre en 2027, vise à tisser les liens entre le passé, le présent et
le futur de l’école.

Texte et curation : Yolande De Bontridder & Valentine Himpens-David

EN –

Historically part of the Sonian Forest, La Cambre, a former 13th-century Cistercian abbey, has always maintained a close relationship with nature and the Brussels ecosystem. While it still seems to be a green lung of the capital, it has also been, in part, an art school since 1927, welcoming and training future artists.

ENSAV La Cambre aims to be a place of growth for artists, a source of oxygen and inspiration. It fosters the development of techniques and encounters, and is the place where an artist’s rhizomes take shape.

Sculptures, paintings, drawings, screen prints, tapestries and photographs by some twenty artists who graduated between 1963 and today invite visitors on a journey through the exhibition space. The sea, the land, landscapes, but also family and cultural roots, coexist within this hanging, in which light and materials play an essential role.

This exhibition, the first in a series leading up to La Cambre’s centenary in 2027, seeks to weave links between the school’s past, present and future.

Texte and curation : Yolande de Bontridder & Valentine Himpens-David

Un grand Amour suffit

FR –

L’ex-magasin Taschen du Sablon à Bruxelles accueille une exposition produite par OPENART.TODAY avec le soutien de la Fondation Willame. Elle rassemble 12 artistes réunis par Valentine Himpens-David et Hervé Charles, et fait partie du parcours Off de Art Brussels.

Le titre de l’exposition, « Un grand Amour suffit », affirme d’emblée la subjectivité des curateurs. Les douze artistes représentés dans cette exposition sont toutefois animés par une attitude commune: mettre en doute et réinventer notre perception des lieux ou des objets du quotidien. Chaque œuvre dévoile une mise à distance du réel, transformé par la vision et l’affirmation du savoir-faire de l’artiste. Une voiture en patchwork, des hanches en glycérine, un portrait en marqueterie, une fausse télévision, une liste d’actions quotidiennes, des objets manufacturés détournés, des paysages ambigus, des odeurs surprenantes… Autant d’indices qui transportent le visiteur dans des univers étrange(r)s aux racines familières.

« Un grand amour suffit », celui de l’art qui bouleverse notre quotidien.

EN –

The former Taschen store, located at the Sablon in Brussels, hosts an exhibition produced by OPENART.TODAY with the support of the Willame Foundation, and curated by Valentine Himpens-David and Hervé Charles. This show is part of the Off program of Art Brussels.


The title of the exhibition, « Un grand Amour suffit » (One great love is enough), is a clear indication of the curators’ subjectivity. Nevertheless, the twelve artists selected for this exhibition share a desire to reinvent our perception of places or everyday objects. Transformed by the vision and the affirmation of the artist’s know-how, each work in the show distances itself from reality. A car made out of fabric patchworks, glycerine hips, a portrait in marquetry, a fake television, a list of daily actions, hijacked manufactured objects, ambiguous landscapes, surprising smells… The visitor is being transported into strange(r) worlds – although with familiar roots.


« One great love is enough », the love for art when it upsets our daily life.