Writing
01
Dancing on a Volcano
02
Limen
03
Fourth-space chapel
FR –
Depuis plus de vingt ans, Dome Wood explore les liens entre la
métaphysique, l’art et la conscience. Son travail s’inscrit dans une recherche profonde sur ce qu’il nomme le « quatrième espace », un espace invisible et spirituel, au-delà de notre réalité ordinaire, où l’esprit peut accéder à une autre réalité faite de potentialités infinies.
Cette liberté radicale, que l’artiste revendique comme une forme de
résistance existentielle, rejoint la logique quantique selon laquelle la réalité n’est jamais figée, elle est indéterminée, imprévisible et ouverte. L’art devient ainsi un seuil entre deux mondes : celui des multiples possibles (le monde quantique) et celui de leur apparition dans la réalité tangible (le monde classique).
Fondateur du 4th Space Meditation Center et Co-fondateur de
l’Agpronostic Temple, Dome Wood conçoit ses expositions comme des espaces de transformation. Entre architecture mentale et rituel collectif, ses œuvres sont des invitations à suspendre le savoir, à habiter l’incertitude, et à se laisser traverser par des expériences spirituelles et métaphysiques.
À Kunstraum, il poursuit cette approche avec une nouvelle perspective qui questionne notre rapport à la réalité, au temps et à la liberté intérieure.
–
Fourth-Space Chapel,
Installation : Plâtre, textile, bois, lumières, plexiglass et peinture à l’huile,
Dimensions extérieurs : 274 x 4260 x 366 cm Dimensions intérieures :
261.8 x 423.6 cm, 2025
En 2024, Dome Wood publie Egothávma, un essai dans lequel il
propose une nouvelle vision de l’existence, affranchie à la fois de la religion et du matérialisme. À travers des schémas et des diagrammes, il y décrit comment « l’être » émerge du vide pour se manifester dans l’univers. Au cœur de cette réflexion se trouve le concept du « Quatrième Espace », qu’il définit comme un espace invitant à repenser la manière dont nous percevons la réalité.
Fourth-Space Chapel est une micro-architecture qui incarne la
cosmologie qu’elle représente. Conçue comme un cube divisé en deux, elle abrite, tel un fossile vivant, huit alcôves marquées de lignes géométriques verticales reliant symboliquement la terre et le ciel, le monde classique et le monde quantique. L’entrée s’articule autour du « triangle sublime », figure géométrique, évoquant l’harmonie, la transcendance et l’élévation. Les nombres et systèmes géométriques ont été employés selon les proportions du nombre
d’or, aussi appelé proportion divine, conférant à l’architecture une dimension à la fois fonctionnelle et symbolique. Une approche ancrée dans la lignée des architectures humanistes de la Renaissance, qui cherchaient à exprimer l’harmonie du cosmos à travers la forme construite.
L’art, placé au centre de la chapelle, est perçu à la fois comme une
porte d’entrée vers la quatrième dimension et comme un vecteur d’élévation spirituelle. Cette peinture à l’huile, composée de myriades de particules picturales déposées par petits traits ondulatoires, d’un côté sombre, l’autre plus clair, est traversée par un « horizon vertical » qui marque le bouleversement des perspectives, et laisse imaginer un paysage intérieur. Entre grotte primitive et architecture futuriste, Fourth-Space Chapel se situe au croisement de l’espace
sacré et du laboratoire philosophique. Ses matériaux, ses œuvres organiques, son éclairage tamisé et ses lignes géométriques épurées lui confèrent une aura à la fois archaïque et visionnaire.
EN –
For more than twenty years, Dome Wood has been exploring
the links between metaphysics, art, and consciousness. His work is part
of an in-depth investigation into what he calls the “fourth-space” an
invisible and spiritual space beyond our ordinary reality, where the mind
can access another reality made up of infinite possibilities.
This radical freedom, which the artist claims as a form of
existential resistance, is in line with quantum logic, according to which
reality is never fixed, indeterminate, unpredictable, and open. Art thus
becomes a threshold between two worlds: that of multiple possibilities
(the quantum world) and that of their appearance in tangible reality (the
classical world).
Founder of the 4th Space Meditation Center and co-founder
of the Agpronostic Temple, Dome Wood conceives his exhibitions as
spaces of transformation. Between transcendental architecture and
collective ritual, his works are invitations to suspend knowledge, to
inhabit uncertainty, and to allow oneself to be carried away by spiritual
and metaphysical experiences.
At Kunstraum, he continues this approach with a new perspective
that questions our relationship to reality, time, and inner freedom.
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Fourth-Space Chapel,
Plaster, textile, wood, lights, plexiglass, and oil paint, External
dimensions: 274 x 4260 x 366 cm Internal dimensions: 261.8 x
423.6 cm, 2025
In 2024, Dome Wood published Egothávma, an essay in which he
proposes a new vision of existence, free from materialism and religion.
Through diagrams and visual schemes, he describes how “being” emerges
from the void to manifest itself within the universe. At the heart of this
reflection lies the concept of the “Fourth-Space,” which he defines as a
space inviting us to rethink the way we perceive reality.
Fourth-Space Chapel is a micro-architecture that embodies the
cosmology it represents. Conceived as a cube divided in two, it contains,
like a living fossil, eight alcoves marked by vertical geometric lines
that symbolically connect earth and sky, the classical world and the
quantum world. The entrance is structured around the “sublime triangle”
a geometric figure representing the artist’s perception of univers creation,
also evoking harmony, transcendence, and elevation. In the lineage of the
humanist architects of the Renaissance, numbers and geometric systems
have been used according to the proportions of the golden ratio, also
known as the divine proportion, giving the architecture both functional
and symbolic depth.
Art, placed at the center of the chapel, is perceived as both a
gateway to the Fourth-Space and a vector of spiritual elevation. This
oil painting, composed of myriads of pictorial particles applied through
small wave-like strokes, one side dark, the other lighter, is traversed by
a “vertical horizon” that marks the shifting of perspectives, and reveals
an imagined inner landscape.
Between primitive cave and futuristic architecture, Fourth-Space Chapel stands at the intersection of sacred space and philosophical laboratory. Its raw materials, organic works, subdued lighting, and pure geometric lines give it an aura that is both archaic and visionary.
04
Eldorado
FR –
Cette exposition réunit cinq artistes et explore la notion d’Eldorado dans un contexte contemporain. Elle interroge les espoirs et les défis liés à la migration, aux frontières et aux promesses d’un ailleurs meilleur.
Lucile Bertrand emploie un langage minimaliste et épuré pour exprimer la violence des conflits, la précarité des parcours migratoires et l’exploitation des ressources humaines. Ses installations et ses dessins dépeignent un monde fracturé par les inégalités, tout en laissant émerger une poésie silencieuse.
Céline Cuvelier questionne la fabrication des « Eldorados » contemporains à travers les économies mondialisées et les structures sociales. S’immergeant dans des environnements marginalisés (prisons, camps de migrants, institutions psychiatriques), elle expose les tensions entre le rêve et la réalité, le désir d’ailleurs et la brutalité du présent.
Diego Herman explore les frontières physiques et symboliques qui façonnent nos espaces de vie. À travers ses peintures de paysages urbains marqués par des clôtures, des barrières et des zones d’exclusion, il remet en question les rapports de pouvoir qui régissent la libre circulation des corps et des identités.
Charlotte Quinonero travaille autour des thèmes du rêve et de la mémoire, saisissant ces moments suspendus où le passé et l’imaginaire s’entremêlent. Dans ses œuvres, l’Eldorado devient un espace intime, une quête intérieure où la mémoire redessine les contours du possible.
Barthélémy Toguo, entre vision onirique et engagement politique, met en lumière les contradictions de la mobilité. Les marchandises circulent librement, mais qu’en est-il des personnes ? Ses sculptures monumentales de tampons, ses installations et ses dessins dénoncent les obstacles bureaucratiques et les paradoxes de la mondialisation, rendant visible l’invisible et révélant les tensions entre espoir et oppression.
Ensemble, ces artistes esquissent une cartographie subjective de l’Eldorado moderne, entre quête et désillusion, exil et appartenance, promesse et défi. La terre promise sera-t-elle celle que nous avons longtemps imaginée ?
EN –
This exhibition gathers five artists and explores the notion of Eldorado in a contemporary context, examining the hopes and challenges tied to migration, borders, and the promises of a better elsewhere.
Lucile Bertrand employs a minimalist and refined language to express the violence of conflicts, the precariousness of migratory journeys, and the exploitation of natural and human resources. Her installations and drawings depict a fractured world of inequalities, while allowing a fragile, silent poetry to emerge.
Céline Cuvelier questions the fabrication of contemporary Eldorados through globalized economies and social structures. Immersing herself in marginalized environments—prisons, migrant camps, psychiatric institutions—she exposes the tensions between dream and reality, the longing for elsewhere, and the brutality of the present.
Diego Herman explores the physical and symbolic boundaries that shape our living spaces. Through his paintings of urban landscapes marked by fences, barriers, and exclusion zones, he challenges the power dynamics governing the free movement of bodies and identities.
Charlotte Quinonero works with themes of dreams and memory, capturing those suspended moments where the past and the imaginary intertwine. In her works, Eldorado becomes an intimate space, an inner quest where memory redraws the contours of possibility.
Barthélémy Toguo, between dreamlike vision and political engagement, sheds light on the contradictions of mobility. Goods circulate freely, but what about people? His monumental stamp sculptures, installations, and drawings denounce bureaucratic obstacles and the paradoxes of globalization, making the invisible visible and revealing the tensions between hope and oppression.
Together, these artists sketch a subjective map of the modern Eldorado, between pursuit and disillusionment, exile and belonging, promise and defiance. Will the promised land be the one we have long imagined?
05
Red Planet Experience
FR-
“Exploration fictive d’une planète Mars déjà colonisée, l’exposition est imaginée comme une métaphore des dynamiques sociales, économiques et technologiques contemporaines. Elle fonctionne comme un territoire mental projeté à travers lequel, le visiteur est invité à questionner l’évolution de nos villes, de nos espaces collectifs et de nos relations au sein de sociétés de plus en plus régies par la performance, l’optimisation et l’innovation permanente.
Comment les imaginaires contemporains du futur sont-ils façonnés par les logiques de contrôle, de privatisation et d’exclusion ? Dans ce contexte, la colonisation de Mars présentée par Xavier Duffaut, reflète nos modèles familiers de développement urbain contemporains, où Uber, Tesla, Bolt et Deliveroo y sont omniprésents. Tout comme dans nos villes, l’espace public sur Mars y est progressivement redéfini, réglementé et approprié par les pouvoirs économiques et technologiques actuels.
Telles les dystopies d’Alain Damasio, l’artiste Xavier Duffaut présente une série de dessins hyperréalistes, minutieusement réalisés à l’aquarelle dans une scénographie immersive orangée et rocailleuse parsemée de bouteilles de gaz hilarant vides et abandonnées… Ses dessins cristallisent avec ironie l’absurdité de corps en quête de contact physique, réduits à l’individualité par leurs vêtements d’astronautes. Il dépeignent des scènes de dragues de cruising opérées par des robots Tesla et ne font que dévoiler au grand jour l’idéologie romantique de l’artiste.
Au sein de villes normalisées dites “ intelligentes” la question de la place du désir devient centrale. Xavier Duffaut utilise la fiction et l’ambivalence pour rendre visibles les mécanismes qui structurent déjà notre présent : des espaces scénarisés et contrôlés ou la place de l’homme s’éteint progressivement. Il invite les visiteurs à réfléchir aux récits qui façonnent notre imagination collective du futur et à se demander quels désirs, quels corps et quelles libertés sont inclus, ou parfois exclus, de ces projections.”
Texte et curation : Valentine Himpens-David
06
Racines
Texte et curation : Yolande De Bontridder & Valentine Himpens-David
EN –
Historically part of the Sonian Forest, La Cambre, a former 13th-century Cistercian abbey, has always maintained a close relationship with nature and the Brussels ecosystem. While it still seems to be a green lung of the capital, it has also been, in part, an art school since 1927, welcoming and training future artists.
ENSAV La Cambre aims to be a place of growth for artists, a source of oxygen and inspiration. It fosters the development of techniques and encounters, and is the place where an artist’s rhizomes take shape.
Sculptures, paintings, drawings, screen prints, tapestries and photographs by some twenty artists who graduated between 1963 and today invite visitors on a journey through the exhibition space. The sea, the land, landscapes, but also family and cultural roots, coexist within this hanging, in which light and materials play an essential role.
This exhibition, the first in a series leading up to La Cambre’s centenary in 2027, seeks to weave links between the school’s past, present and future.
Texte and curation : Yolande de Bontridder & Valentine Himpens-David
07